( 12 avril, 2010 )

Légendes…

 L’aventure du diable au pays des chèvres blanches

Il y a quelques siècles, lorsque COTTANCE était encore très peu habité, une vieille femme vivait seule dans une petite maison au bord du pont sur la rive droite de la CHARPASSONNE, petite rivière qui traverse la commune. Elle avait un petit troupeau  de quelques chèvres blanches, bien sûr ! 

Sur la rive gauche un peu plus loin existe une source d’eau «  pure » nommée GALAFRAY. 

Aussi chaque jour la vieille femme traversait le petit pont de bois qui existait alors, pour aller chercher une cruche d’eau fraîche à la source. Or, un soir de fin d’été, il y eut dans le pays un orage comme peut-être on n’en a jamais revu depuis ! La pluie tomba si violemment que la CHARPASSONNE monta d’un coup, se mettant à charrier des arbres énormes aux rivages. La crue fut brève, mais si violente que le lendemain matin la rivière avait regagné son lit,….mais le pont n’était plus là. 

Quand, à son heure habituelle, la vieille sortit de chez elle avec sa cruche elle était toute désolée et se mit à se lamenter : «  Seigneur Dieu, dit-elle en sanglotant, comment vais-je faire sans eau potable ? Dieu du ciel, venez à mon secours, vous savez bien que  je ne peux vivre sans eau ! » 

Mais cette vieille femme n’avait pas la foi très solide la preuve : ce n’est pas le Dieu qu’elle implorait qui lui vint en aide, mais ce fut le Diable qui passait par là, rentrant chez lui, comme çà, l’air de rien. 

« Tu veux un autre pont ? dit-il. Soit. Je peux t’en construire un en quelques heures, mais à une condition. 

- Parles toujours. 

- L’âme du premier être vivant qui passera ce pont m’appartiendra. » 

Vous l’avez deviné, ce que voulait le Diable, c’était l’âme de la vieille !….. 

Elle se gratta le chignon, réfléchit un moment, mais comme le soleil, déjà haut, attisait sa soif, elle finit par dire : « fais toujours le pont, et nous verrons bien. 

-Non, non dit le Diable. Il faut que tu sois d’accord. 

-Eh bien, çà va. Je suis d’accord ! » 

Aussitôt cette réponse entendue le Diable fit claquer ses doigts secs comme des castagnettes. Alors de partout  surgirent des diablotins, des petits démons, cornus, vêtus de rouges, qui se mirent au travail. Ils étaient nombreux et si habiles que le pont fut construit en moins d’une heure. Un très beau pont de pierres qui devait résister à toutes les colères de la rivière peut-être celui que nous empruntons encore de nos jours.                                                                                        « Voilà, dit le diable, tu vois que j’ai des moyens, moi. Et je tiens mes promesses. » 

Les démons repartis, le diable s’assit à côté de la vieille et attendit. 

Le soleil était de plus en plus chaud et la vieille avait de plus en plus soif. Cependant, elle demeurait sur le banc de pierre, le dos contre la façade de sa maison. De temps en temps elle murmurait : « C’est bien…Voilà un très beau pont…Il n’a plus qu’a attendre pour voir qui passera le premier. » 

Le diable, qui savait combien la soif est difficile à supporter, ne s’impatientait pas. Il surveillait la vieille du coin de l’œil, et il se réjouissait de la voir transpirer à grosses gouttes. Il y avait bien trois bonnes heures que durait cette attente, lorsque la vieille se leva soudain. Le diable se délectait déjà car la vieille se dirigeait vers le pont. Il la suivit des yeux, mais lorsqu’elle eut atteint la rive, elle s’arrêta, s’accroupit, et se mit à dire d’une toute petite voix très douce. 

« Biquet, biquet, biquet….Viens vite, mon biquet. » 

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Et le diable vit alors un petit cabri tout blanc qui s’était échappé de l’enclos de l’autre côté de la rivière, s’engager sur le pont. Il se précipita, mais trop tard. Déjà le cabri, qui avait passé le pont en quelques sauts se frottait contre la vieille qui riait en disant : 

« Alors te voilà payé ! Est-ce que ça te va l’âme d’une chèvre ? » 

Et le diable, qui n’avait pas pris la précaution de préciser qu’il exigeait une âme humaine s’en alla l’oreille basse, emportant l’âme de la chèvre qui ne semblait d’ailleurs pas en être le moins du monde affectée ! Il se retira penaud, un peu plus loin, dans un petit chemin caillouteux, il était tellement furieux qu’il tapa très fort du pied sur un caillou pour s’en aller. Si fort que son empreinte y est encore et vous pouvez toujours la voir. 

Comment sait-on qu’il s’agit bien de l’empreinte du diable, demanderez-vous ? Eh bien, essayer de mettre votre pied dedans, vous verrez, cette empreinte va à toutes les pointures ! 

Depuis ce jour, le diable ne s’est plus manifesté à COTTANCE et les habitants sont surnommés :   « LES CHEVRES BLANCHES »                       

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